Une traduction correcte, mais un texte qui n'a pas l'effet désiré
Les entreprises qui proposent des contenus en plusieurs langues sont souvent confrontées à un problème : les textes sont traduits de manière correcte, complète et professionnelle, mais ils n’atteignent pas la cible espérée ou ne produisent pas l’effet escompté. Une entreprise basée à Lausanne et présente dans toute la Suisse peut, par exemple, faire les constats suivants :
- Le site Internet germanophone enregistre beaucoup moins de visites que le site francophone.
- Les campagnes n’ont du succès que dans une seule région.
- L’équipe de vente n’utilise presque que les documents en français.
- Les postes à pourvoir ne reçoivent presque aucune candidature suisse allemande.
Cette situation peut laisser perplexe. Si le contenu reste fondamentalement le même, pourquoi fonctionne-t-il dans une région et pas dans une autre ? La réponse est simple : il ne faut pas que le contenu soit le même, car le public est différent. Ce dernier risque alors de ne pas être totalement convaincu par la traduction. Pour éviter ce problème, il convient de recourir à la localisation. Les images que vous utilisez pour illustrer votre texte ont par ailleurs elles aussi leur importance.
Localiser son texte, un facteur de succès
La localisation représente un processus en soi, et non une dernière étape à la fin d’une traduction. Elle doit être prise en compte dès que l’on commence à concevoir un contenu. Le but n’est pas de dire exactement la même chose dans toutes les langues, mais de produire le même effet avec un message similaire adapté au public cible. Il faut donc tout d’abord comprendre le marché auquel on s’adresse.
Les régions linguistiques ont leurs préférences en matière de style. Les textes francophones privilégient les tournures fleuries, tandis que le public suisse allemand préfère un style direct et sobre, jugé parfois trop froid par les Tessinois·e·s.
Se rendre compte de ces différences et les intégrer dans la conception de la communication d’entreprise constitue un facteur de succès. Mais comment procéder concrètement ? Évaluez votre approche multilingue et définissez des lignes directrices adaptées à chaque région :
- Définissez la manière dont votre marque doit sonner en Suisse romande, en Suisse alémanique et au Tessin. Souhaitez-vous adopter un ton factuel ou plus émotionnel ? Direct ou plus retenu ? Distant ou plus proche de la clientèle ? Une fois cette décision prise, il convient d’en informer les professionnel·le·s de la rédaction et de la traduction s’occupant de vos contenus, afin qu’ils les conçoivent dans la tonalité attendue.
- Intéressez-vous également aux images et aux couleurs utilisées. Celles-ci n’ont pas le même effet ni la même signification dans toutes les régions. En Suisse romande, on a tendance à choisir des images plus atmosphériques, tandis qu’en Suisse alémanique, on privilégie le minimalisme. Au Tessin, ce sont souvent les couleurs chaudes et les images émotionnelles qui priment, car elles sont davantage appréciées par le public.
Gare aux subtilités linguistiques
Outre ces directives très générales, les textes offrent souvent des éléments à localiser plus spécifiques, qui demandent de la sensibilité et des connaissances linguistiques poussées. Prenons un exemple qui pourrait donner du fil à retordre aux professionnel·le·s de la traduction.
« Ne pas voir passer le puck » est une expression typiquement romande et très imagée, dont la signification est facilement compréhensible lorsqu’on s’imagine la scène suivante : quelqu’un patinant désespérément après un palet sans jamais pouvoir l’atteindre, comme on essaierait tant bien que mal de comprendre une situation sans y parvenir.
Imaginez-vous maintenant une lectrice germanophone tombant sur la reproduction littérale de cette tournure dans un texte traduit sans avoir été localisé. Elle comprendrait certes sa signification, mais son utilisation lui semblerait bien peu naturelle, et même presque fautive. L’effet du texte francophone est alors perdu, et le contenu germanophone n’atteint pas non plus son but. Ces subtilités linguistiques ont donc toute leur importance dans la réussite ou l’échec de la communication. À cet égard, il faut porter une attention particulière
- aux expressions et aux métaphores, qui ne peuvent pas être traduites littéralement ;
- à l’humour et à l’ironie, qui sont intimement liés à la culture ;
- aux slogans et aux déclarations fortes, dans lesquels chaque mot compte.
Nous vous présentons dans notre checklist une vue d’ensemble de ces aspects, ainsi que d’autres points faisant toute la différence pour la localisation des contenus en Suisse.
En conclusion : la localisation est un atout stratégique
La communication multilingue ne doit pas être laissée au hasard. Elle doit être établie avec soin et intentionnellement. Les entreprises qui adaptent leurs messages aux différentes régions dans lesquelles elles sont actives créent un sentiment de proximité, renforcent leur marque et atteignent leur objectif, et ce, dans toute la Suisse. Et pourquoi s’arrêter là ? Grâce à cette première étape de localisation, ces entreprises peuvent également partir à la conquête de l’international. En maîtrisant la localisation, elles posent la première pierre d’une communication mondiale réussie.
Checklist : la localisation de contenus pour la Suisse
Retrouvez dans notre checklist les principes essentiels de la localisation en Suisse. Nous vous y expliquons également comment les mettre en œuvre dans la pratique.
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